© David Mathieu

Comment bien isoler sa maison ?

Travaux

13 août 2020

Le chauffage représente près de deux tiers de la consommation d’énergie d’un logement. Pour plus de confort et réduire vos factures, l'isolation est la priorité. Plusieurs solutions existent en fonction de votre budget.

9 minutes

3 choses à ne pas oublier pour réussir son isolation

Vérifier que la ventilation est suffisamment efficace

Il est important qu’un logement soit correctement ventilé, notamment pour évacuer l’humidité. En effet, l’air du logement contient de la vapeur d’eau provenant de ses occupants et de leurs activités. Pour limiter l’humidité dans le logement, l’isolation doit toujours être associée à une ventilation bien efficace, contrôlée ou assistée mécaniquement : ventilation mécanique contrôlée (VMC) hygroréglable, double flux...

Pour en savoir plus, consultez notre guide sur la ventilation (PDF, 810 Ko)

S’assurer que l’étanchéité à l’air est bonne

Effectuer l’isolation des parois sans faire la chasse aux entrées d’air parasites est une perte d’argent : elles peuvent augmenter très sensiblement la facture de chauffage, être une source d’inconfort et remettre en cause l’utilité des travaux d’isolation et le bon fonctionnement de la ventilation.

Pour en savoir plus, consultez l’article « Tout savoir sur l’étanchéité à l’air »

Supprimer tous les ponts thermiques 

Ils se situent :

  • aux jonctions entre la toiture et les murs ;
  • entre les murs et les menuiseries des fenêtres ;
  • entre les planchers et les murs ;
  • à la jonction du balcon et du mur ;
  • au niveau des montants des ossatures, des chevrons, des points de fixation, etc.

Ce sont des zones de faiblesse dans l’enveloppe d’un bâtiment : le froid extérieur est alors plus rapidement transmis à l’intérieur du logement. La vapeur d’eau se condense sur ces points plus froids, ce qui peut engendrer la formation de traces noires et de moisissures.

Une bonne continuité de l’isolation et de la membrane d’étanchéité doit permettre de traiter ces points faibles.

Dans tous les cas, une isolation ne doit jamais être exécutée sur une paroi présentant des signes d’humidité.

L’isolation du toit est souvent l’action la plus rentable

C’est la première étape à réaliser car le potentiel d’économies d’énergie est important. En effet, l’air chaud, plus léger, s’élève naturellement et vient en grande partie se loger sous le toit. Pour réduire les besoins de chauffage, il est essentiel d’isoler au plus près du volume chauffé.

L’étanchéité et l’isolation de la toiture sont soumises à une garantie décennale. Seul un professionnel qualifié peut intervenir.

Pour les combles perdus, l’isolant est disposé sur le plancher sans discontinuité sur toute la surface des combles et par rapport à la charpente et aux murs. Les isolants utilisés sont :

  • les laines minérales (de verre ou de roche) ;
  • les isolants biosourcés (fibres de bois, de mouton, chanvre…) ;
  • les isolants en plastique alvéolaire (polystyrène expansé, polystyrène extrudé, polyuréthane…) disposés bord à bord sur le plancher ;
  • les isolants en vrac (laine minérale ou isolants biosourcés) peuvent également être utilisés et soufflés à l’aide d’un appareillage approprié

Pour les combles habitables et chauffés, il existe deux techniques d’isolation :

  • L’isolation par l’intérieur :

    • avec des panneaux semi-rigides ou des rouleaux : à poser en fonction de la structure de la charpente et de la place disponible (entre les chevrons, sous les chevrons ou les deux). Pour une bonne isolation, prévoyez la pose de deux couches croisées d’isolant et d’un pare-vapeur ;
    • avec un isolant en vrac, par insufflation : on injecte sous pression l’isolant dans un caisson étanche à l’air.
    • L’isolant est recouvert d’un pare-vapeur ou frein vapeur et d’un parement de finition (plâtre, bois). La ventilation de la couverture est indispensable.
  • L’isolation par l’extérieur (ce qui nécessite d’enlever les tuiles pour poser l’isolant) :
    • avec des panneaux de toiture porteurs qui comprennent le support ventilé de couverture, l’isolation et le cas échéant le parement de sous-face. Cette opération est très délicate à mettre en œuvre et varie d’un type de panneaux à l’autre. La structure du toit doit pouvoir supporter le poids des panneaux. Elle a l’avantage d’augmenter le volume habitable, d’assurer une isolation continue et durable, de préserver la charpente des variations de température et d’humidité et de garantir la ventilation de la couverture.
    • avec la solution « sarking » : on insère un lit continu d’isolant rigide entre la charpente et la couverture, ce qui rehausse la toiture. La charpente supporte les éléments de couverture par l’intermédiaire de contre-chevrons.

Pour une toiture-terrasse, profitez de la réfection de l’étanchéité pour l’isoler thermiquement. Il existe différentes techniques comme le procédé d’isolation dite inversée où l’isolant sert de support à l’étanchéité. Ne réalisez surtout pas une isolation par l’intérieur : la pose d’un isolant contre le plafond du dernier étage de la construction risque d’entraîner de la condensation dans le logement.

L’isolation des murs peut se faire par l’extérieur ou l’intérieur

L’isolation des murs par l’extérieur a plusieurs avantages :

  • elle traite un plus grand nombre de ponts thermiques et limiter les effets de la condensation grâce à la continuité de l’isolant au niveau des planchers intermédiaires notamment ;
  • elle conserve l’inertie thermique des murs ;
  • elle ne modifie pas la surface habitable ;
  • elle protège les murs des variations climatiques.

Le coût de cette technique est souvent plus élevé que celui de l’isolation par l’intérieur. Elle nécessite de changer les seuils de fenêtre, d’intégrer les descentes de gouttières et modifie l’aspect extérieur du bâtiment ce qui nécessite une déclaration préalable de travaux ou l’obtention d’un permis de construire.

Il existe plusieurs techniques :

  • L’isolation par panneaux enduits qui sont fixés au mur par collage et/ou vissage, recouverts d’un treillis collé puis d’un enduit de finition. C’est la solution la moins chère.
  • L’isolation protégée par un bardage : les panneaux isolants sont installés sur des montants fixés au mur. L’ensemble est protégé par un film pare-pluie ou un panneau respirant. Des tasseaux horizontaux permettent de poser un bardage extérieur tout en ménageant une lame d’air entre l’isolant et le bardage. Dans cette technique, les montants en bois créent des ponts thermiques qui diminuent la performance globale de l’isolation. Pour y remédier, il est recommandé de poser une couche croisée d’isolant qui vient recouvrir les montants.
  • L’isolation par un enduit isolant minéral ou végétal projeté en une ou plusieurs couches ou coffré sur le mur à l’extérieur de l’habitation, et d’un crépi de finition. Les matériaux doivent permettre l’évacuation de l’humidité par une régulation naturelle de l’hygrométrie, surtout dans le bâti ancien.

L’isolation des murs par l’intérieur permet de ne pas modifier l’aspect extérieur de la maison. Elle entraîne toutefois une diminution de la surface habitable et sa mise en œuvre peut être contraignante : gênes pour l’ouverture des fenêtres, passage des canalisations, prises électriques… Son coût est relativement peu élevé.

Cependant, il est très difficile d’assurer la continuité de l’isolation (au droit des murs de refend, des planchers, des fondations, des plafonds, des balcons…) et donc d’éliminer les ponts thermiques. Une solution possible pour les limiter est « le retour d’isolant ».

Il existe deux techniques :

  • L’isolation avec des panneaux isolants qui se fixent par collage directement sur le mur ou par vissage sur des lattes de bois, avec création d’une lame d’air entre le mur et l’isolant. La pose s’effectue donc à l’aide d’un seul produit (isolant et parement intérieur). À la place des panneaux, on peut aussi utiliser un isolant en vrac. Il est maintenu au niveau du mur par un panneau de parement.
  • L’isolation en vrac avec des complexes isolants, mélange de liants et de fibres végétales (complexe chanvre-chaux…) qui sont projetés sur le mur ou mis en œuvre à l’aide de coffrage pour les grandes épaisseurs.

L’isolation des planchers bas, à ne pas oublier

On peut isoler un plancher par le bas (isolant fixé sur la face inférieure du plancher), par le haut (isolant posé sur le plancher et recouvert d’un revêtement pour y circuler) ou entre les éléments de structure du plancher.

La technique la plus simple est l’isolation par le bas. On peut utiliser des isolants souples, qui épousent la forme du support, même s’il est irrégulier, ou rigides, qui doivent être posés sur une surface plane. L’isolant peut être laissé nu ou recouvert d’une finition (plaques ou enduit) selon qu’il est visible ou pas, ou qu’il nécessite ou pas une protection (agressions mécaniques).

Pour éviter les ponts thermiques, les panneaux isolants doivent être jointifs, posés de façon continue et appliqués contre le plancher. Les murs d’angle et les appuis du plancher doivent également être isolés.

L’isolation des fenêtres, portes-fenêtres et fenêtres de toit

La performance thermique d’une paroi vitrée dépend de la nature de la menuiserie, des performances du vitrage et de la qualité de la mise en œuvre de la fenêtre.

Les volets et persiennes peuvent aussi réduire les déperditions de chaleur, particulièrement la nuit car elles apportent une résistance thermique additionnelle à la paroi vitrée. En été, ils sont indispensables pour limiter la température dans le logement.

La performance d’une fenêtre se mesure via :

  • le coefficient de transmission thermique (Uw), traduisant la capacité d’isolation et s’exprimant en W/(m2.K) ;
  • le facteur solaire (Sw), compris entre 0 et 1, traduisant la part du rayonnement solaire transmise à l’intérieur du bâtiment (plus il est élevé, plus les apports de chaleur sont importants) ;
  • le coefficient de transmission lumineuse (Tlw), compris entre 0 et 1, exprimant la capacité de la paroi vitrée à transmettre la lumière naturelle à l’intérieur du bâtiment.
  • A noter : les autres types de parois vitrées (double-parois, lanterneaux, blocs-baies) font l’objet de calculs particuliers pour la détermination du coefficient Uw.

Aujourd’hui, les parois vitrées offrent un large éventail de solutions efficaces :

  • Le double vitrage classique, constitué de deux verres emprisonnant une lame d’air. Plus performant que le simple vitrage, il réduit l’effet de paroi froide tout en limitant la condensation et les déperditions thermiques à travers les fenêtres.
  • Le double vitrage à isolation renforcée (VIR) est devenu un standard. La lame entre les deux vitrages est remplie d’argon et une fine couche transparente, généralement à base d’argent, est déposée sur une des faces du verre. Cette couche agit comme un bouclier invisible pour empêcher en hiver la chaleur intérieure de fuir à l’extérieur.
    Son pouvoir isolant est deux à trois fois supérieur à celui d’un double vitrage ordinaire, et plus de quatre fois supérieur à celui d’un simple vitrage. Il permet aussi de limiter les effets de surchauffe en été.
  • Le triple vitrage, constitué de trois verres emprisonnant deux lames d’argon ou de krypton entre eux et disposant de deux couches faiblement émissives sur le côté interne des lames d’air. Le coefficient de transmission thermique est excellent, de l’ordre de 0,6 à 0,8 W/m2.K (contre 1,1 à 1,2 environ pour les VIR). Cependant son facteur solaire et la transmission lumineuse est moins bonne que le double vitrage. Le triple vitrage pèse plus lourd et ne peut pas être installé sur tous les cadres de fenêtre.

La certification Cekal garantit la qualité de fabrication du point de vue thermique et acoustique des vitrages isolants (14 classes de performance thermique et 6 classes de performance acoustique sont définies, le marquage TR14 correspondant au vitrage le plus performant thermiquement et AR6 à une isolation acoustique renforcée).

Le label Acotherm, label de certification thermique et acoustique permet de classer les produits : Th11 correspond au produit le plus performant thermiquement et AC4 à la meilleure isolation acoustique du produit.

Le classement AEV classe les menuiseries en fonction de la perméabilité à l’Air (A*), de l’étanchéité à l’Eau (E*) et de la résistance au Vent (V*).

Exemple de classement AEV : A*4, E*6B, V*A3

Pour l’air, la notation varie de A1 niveau faible à A4 niveau très bon.

Pour l’étanchéité à l’eau, le classement se fait sur une échelle de 9 : de 1, très faible, à 9, très bon. Si la note est suivie de la lettre A, c’est que l’essai est réalisé suivant une exposition totale, si elle est suivie de la lettre B, c’est que l’essai est réalisé suivant une exposition partielle.

Pour la résistance au vent, la déformation de la fenêtre est notée de A faible à C très faible et la résistance à la pression du vent est notée de 1 faible à 5 forte.

Il existe plusieurs techniques pour mieux isoler les fenêtres :

  • Le remplacement total de la fenêtre est la solution la plus performante : elle apporte une isolation thermique et acoustique supérieure, sans modifier la luminosité. Cette technique implique la mise en œuvre de travaux de finition pour la maçonnerie.
  • Le changement de fenêtre avec conservation du dormant existant : c’est une solution rapide et sans dommage pour l’enduit, le papier peint, etc. qui nécessite toutefois un bon état du dormant de l’ancienne fenêtre utilisé comme support et fixation de la nouvelle fenêtre. Cette solution réduit la taille de la vitre et entraîne une perte thermique et de luminosité.
  • Une option intermédiaire consiste à enlever la traverse basse uniquement et conserver ainsi le clair de vitrage, lorsque la dépose totale est difficile.

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