© Michel GAILLARD/REA

7 infos clés pour construire sa maison

Travaux

15 juin 2020

Construire ou faire construire sa maison est un projet d’ampleur ! Choix du terrain, réglementation à respecter, suivi du chantier… Prenez le temps de vous informer pour éviter quelques pièges.

7 minutes

Une réglementation exigeante depuis le 1er janvier 2013

Les constructions neuves, les extensions et les surélévations de bâtiments augmentant la surface du logement de plus de 30 % doivent respecter la réglementation thermique 2012.

Pour la première fois depuis la publication des réglementations thermiques, les constructions doivent atteindre des résultats de performance : ils doivent consommer moins de 50 kWh/m² et par an, contre… 150 kWh/m² auparavant en moyenne. Cette consommation intègre le chauffage, la climatisation, l’éclairage, l’eau chaude sanitaire (ECS) et l’énergie utilisée par les « auxiliaires » (une ventilation mécanique contrôlée [VMC], par exemple).

Les exigences de résultats sont définies par trois coefficients :

  • le Bbio (Besoin bioclimatique conventionnel) exprime les besoins liés au chauffage, à la climatisation et à l’éclairage.
    Un Bbio performant s’obtient :

    • en travaillant sur l’orientation et la disposition des baies afin de favoriser les apports solaires en hiver tout en s’en protégeant en été ;
    • en privilégiant l’éclairage naturel ;
    • en prenant en compte l’inertie pour le confort d’été ;
    • en limitant les déperditions thermiques grâce à la compacité des volumes et à une bonne isolation des parois opaques (murs, dalle et toiture) et des baies (fenêtres et portes donnant sur l’extérieur ou sur un local non chauffé).
  • le Cep (Coefficient de consommation conventionnelle d’énergie primaire) porte sur les consommations annuelles ramenées au m² liées aux cinq usages suivants :
    • chauffage ;
    • climatisation s’il y a lieu ;
    • eau chaude sanitaire ;
    • éclairage ;
    • auxiliaires (pompes à chaleur, ventilateurs…).
  • le Tic caractérise la Température intérieure conventionnelle en période de forte chaleur.
    Sa limitation vise à assurer un bon niveau de confort et à éviter les surchauffes sans qu’il soit nécessaire de climatiser.

Ces coefficients Bbio, Cep et Tic sont vérifiés par l’intermédiaire d’un calcul issu d’une étude thermique.

Pour chaque maison, ils doivent être inférieurs à des valeurs maximales (Bbio max, Cep max et Tic réf) définies :

  • en fonction de son lieu géographique pour tenir compte des différences de climat et de l’altitude ;
  • de sa surface ;
  • des économies de gaz à effet de serre lorsque sont utilisés des systèmes énergétiques faiblement émetteurs de ces gaz (bois, certains réseaux de chaleur…).
Exemple de CEP max modulé, pour une maison individuelle

Cette carte illustre des valeurs de Cep max en kWhEP/(m². an) à ne pas dépasser pour une maison individuelle ou accolée de 120 à 140 m², située à moins de 400 mètres d’altitude, utilisant une source d’énergie classique (électricité, gaz, fioul).

Une étude thermique obligatoire pour guider votre projet

Cette étude va vous permettre d’optimiser la conception architecturale, de trouver les solutions techniques les plus efficaces pour consommer le moins d’énergie possible.
Elle permettra également de vous assurer du respect des trois exigences fixées par la réglementation thermique.

Une source d’énergie renouvelable à choisir

La RT 2012 impose le recours à une source d’énergie renouvelable ou à une solution alternative. Vous pouvez choisir :

  • d’installer des capteurs solaires thermiques pour la production d’eau chaude sanitaire ;
  • d’installer des panneaux photovoltaïques pour la production d’électricité ;
  • d’installer une chaudière à bois ou un poêle à bois ;
  • de vous raccorder à un réseau de chaleur alimenté à plus de 50 % par des énergies renouvelables.

En solution alternative, vous pouvez avoir recours à :

  • un chauffe-eau thermodynamique ;
  • une chaudière à micro cogénération.

Un test d’étanchéité à l’air obligatoire

Ce test permet un contrôle qualitatif de résultat. Il est réalisé en occultant les entrées d’air et bouches d’extraction du système de ventilation et en mettant la maison en surpression ou dépression. Il permet de quantifier les entrées ou sorties d’air parasites.

Deux attestations obligatoires

Vous devez remettre à l’autorité instruisant votre permis de construire (généralement votre mairie) deux attestations vous engageant à la prise en compte de la réglementation thermique : une attestation au dépôt du permis de construire et une attestation à l’achèvement de vos travaux.

Télécharger les attestations

 

Un plan établi en fonction du terrain et de l’orientation solaire

Pour une maison fraîche en été, l’implantation sur une pente, où l’air circule naturellement, est plus favorable que dans un fond de cuvette. Si le logement est traversant (ouvrant sur deux façades distinctes ou un patio, etc.) il sera aussi plus facile à ventiler en été.

Si le terrain est en pente, il est aussi possible de réaliser une construction semi-enterrée pour profiter de l’inertie du sol en hiver comme en été. À partir de 1,5 mètre, la température du sol varie peu. Elle est quasiment identique en hiver comme en été autour de 14°C. En été, cela apporte de la fraîcheur au logement et en hiver, cela limite l’exposition du bâtiment aux basses températures.

Il est essentiel d’orienter la construction pour profiter des apports solaires en hiver (cela réchauffe votre maison et vous permet d’économiser du chauffage). Tenez aussi compte des vents dominants. Servez-vous de la végétation pour vous protéger (des vents froids, de l’excès d’ensoleillement, de la chaleur réfléchie par les surfaces minérales...). Attention qu’elle ne soit pas une gêne (ombre portée sur des capteurs solaires, arbres persistants faisant de l’ombre sur une façade bien ensoleillée en hiver...).

L’idéal est une maison dont la façade principale, la plus vitrée, regarde le midi.

Pour profiter au maximum des apports solaires en hiver et de savoir limiter les entrées de chaleur en été. Il faut que les ouvertures représentent au moins 1/6e de la surface habitable. Mais attention à leur orientation, car c’est par les surfaces vitrées que se font les 2/3 des apports de chaleur en été. La répartition idéale des surfaces vitrées d’une maison :

  • 50 % de la surface vitrée au sud (baies vitrées et des grandes fenêtres) ;
  • 20 % de la surface vitrée à l’est (ouvertures moins grandes) ;
  • 20 % de la surface vitrée à l’ouest (petites fenêtres) ;
  • 10 % de la surface vitrée au nord (petites fenêtres) ;

pour les fenêtres de toit : attention à ne pas mettre trop d’ouvertures sur une toiture orientée au sud, car elles apportent beaucoup de chaleur en été. Il est préférable de les réserver aux pans de toiture au nord et à l’est, et d’y prévoir des occultations extérieures efficaces.

Une véranda peut apporter un peu de chaleur en hiver (zone tampon avec l’extérieur) mais devenir une véritable fournaise en été. Pour y remédier, il faut prévoir une toiture opaque, une bonne isolation entre la véranda et la maison, des occultations efficaces (stores ou volets roulants), des ouvertures suffisantes (20 à 30 % de la surface vitrée de la véranda) pour bien aérer jour et nuit, voire un escamotage complet des panneaux vitrés pendant l’été.

Les protections solaires sont essentielles. Les volets roulants, les volets battants, les persiennes sont de loin les plus efficaces. Une ouverture située au sud-est assez facile à protéger. Un auvent ou un store de largeur modeste suffisent à ombrer une baie vitrée située au-dessous.

Pour une ouverture située à l’ouest, la protection est plus difficile. Dans l’après-midi et le soir, les rayons du soleil sont plus bas et frappent de plein fouet les façades ouest, au moment de la journée où il fait le plus chaud. Pour ombrer une telle ouverture, il faut soit un auvent beaucoup plus large, soit un écran ou un vis-à-vis devant la fenêtre.

Ne surtout pas négliger la ventilation

L’air intérieur de nos logements est souvent de plus mauvaise qualité que l’air extérieur. Aux polluants de l’air extérieur (particules fines, pollens, oxydes d’azotes...) s’ajoutent ceux émis par les meubles, les moquettes, les produits d’entretien... Il faut également évacuer l’humidité émise par la cuisson, la toilette et la respiration des habitants...

Plusieurs systèmes de ventilation sont disponibles :

  • la VMC simple flux autoréglable a des débits d’air constants quelles que soient les conditions extérieures (vent, pluie) et intérieures (nombre d’occupants, humidité) ;
  • la VMC hygroréglable voit son débit d’air varier en fonction de l’humidité intérieure, ce qui permet de garantir l’évacuation plus rapide d’un air très humide, tout en limitant les gaspillages.
  • la VMC double flux avec récupération de chaleur limite les pertes de chaleur inhérentes à la ventilation : elle récupère la chaleur de l’air vicié extrait de la maison et l’utilise pour réchauffer l’air venant de l’extérieur.

La VMC double-flux est plus coûteuse qu’une VMC simple flux et consomme plus d’électricité, mais elle permet des économies de chauffage importantes en récupérant jusqu’à 70 % de la chaleur contenue dans l’air vicié extrait (90 % dans les systèmes les plus performants).

La récupération de chaleur par la VMC est particulièrement intéressante dans une maison bien isolée qui nécessite peu de chauffage : une VMC double flux peut récupérer environ 1 500 kWh par an. L’économie réalisée est alors comprise entre 7 et 10 % de la consommation de chauffage.

Il est également possible d’installer un puits climatique.
L’air extérieur circule dans des tubes enterrés à environ 1,5 à 3 mètres de profondeur, là où la température varie peu au cours de l’année (entre 12℃ et 14℃). Selon la saison, l’air se réchauffe ou se rafraîchit pendant ce trajet et pénètre dans la maison par l’intermédiaire d’un système de ventilation.

Schéma : principe du puits climatique

Télécharger le descriptif du schéma (RTF - 47,9 Ko)

Cette technique est intéressante dans les régions soumises à de fortes variations de température. En été, l’air est rafraîchi et en hiver préchauffé avant son introduction dans le système de ventilation du logement. C’est une bonne solution surtout en été, car il peut éviter l’installation d’une climatisation.

Le puits climatique est complexe à mettre en œuvre et sa réalisation doit être confiée à des professionnels très compétents, capables de concevoir des équipements adaptés à chaque situation. Il ne doit pas en particulier dégrader la qualité de l’air intérieur en diffusant des polluants (moisissures, bactéries, radon) dans le logement.

Le couplage entre une VMC double flux et un puits climatique est souvent peu satisfaisant tant techniquement qu’économiquement : le puits climatique peut engendrer des dysfonctionnements de la VMC et les échangeurs de celle-ci sont en général suffisamment efficaces pour qu’il soit superflu de préchauffer l’air entrant. Il reste par contre utile, en rafraîchissement l’été.

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